Modigliani et Jonas Netter : le mécénat d’art d’avant-garde

Découvreur de talents tels que Modigliani, Soutine, Utrillo, Valadon, Jonas Netter a eu du nez en allant à la rencontre de ces jeunes artistes du Montparnasse artistique de l’entre-deux guerres. En témoigne l’exposition consacrée à sa collection à la Pinacothèque de Paris qui fait la part belle au mécénat d’art et aux cités d’artistes.

J’aime ces moments où j’ai le sentiment d’apprendre, de m’enrichir. C’est ce qui s’est passé lors de la découverte de la collection de peintures de Jonas Netter intitulée « Modigliani, Soutine et l’aventure de Montparnasse » à la Pinacothèque de Paris. Peu attirée au premier abord par le style particulier de Modigliani, dont les affiches habillent les murs des stations de métro, j’ai rapidement été happée dès la lecture des premiers panneaux d’explication et devant la diversité des œuvres présentées. Si vous y allez, prenez le temps de les lire, ils font une lecture intéressante de la vision et de la pratique du mécénat d’art qu’avait Jonas Netter à la fin de la première guerre mondiale.

Passionné d’art, Jonas Netter s’est intéressé à des artistes méconnus à la hauteur de ses moyens financiers. En s’associant à l’original poète polonais, Zborowski, il est allé directement à la rencontre de ces artistes qui jusqu’alors restaient dans l’ombre des grands impressionnistes et vivaient dans une grande pauvreté. A chacun des peintres présentés dans cette exposition, il a proposé un partenariat exclusif rémunérant le travail effectué et prenant en charge les frais. En échange de sa protection, les artistes lui dédiaient l’ensemble de leurs œuvres. Netter semblait entretenir étroitement les relations et avaient des correspondances soutenues avec eux.

C’est à Montparnasse, autour de La Ruche, que sont rassemblés ces jeunes artistes découverts par le duo Netter-Zborowski. Une effervescence créatrice et intellectuelle particulièrement stimulante habite alors le quartier. Cité d’artistes, créée par le sculpteur Alfred Boucher, la Ruche est le symbole de toute une génération pour qui la liberté était tout. C’est dans la liberté suprême que leur art pouvait le mieux s’exprimer. Ainsi, à l’abri dans des havres de verdure et de paix, libérés des contraintes matérielles de subsistance, les artistes pouvaient alors laisser libre court à leur imagination et à leur art. Sans le soutien de ces protecteurs comme Netter ou Boucher, les œuvres de Modigliano, Valadon, Utrillo, Soutine, etc., n’auraient probablement pas pu voir le jour.

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